sabato 27 gennaio 2024

Reverso (Episode 1) - Les Chiens, ou le surprenant début d’une adolescence florentine

Introduction : c’est quoi, marquer une génération ?

Ça m’arrive très souvent d’entendre que tel ou tel disque a « marqué une génération ». Pour plusieurs années, j’ai même fait partie des gens qui utilisaient cette expression couramment. Pourtant de temps en temps, de façon abrupte et sans de raison apparente, il arrive aussi de se rendre compte d’une faute flagrante dans les choses que l’on dit par automatisme. Une réflexion débarque dans nos flux de conscience sans prévenir et remet en question une phrase qu’on a répété des centaines de fois comme s’il s’agissait d’une évidence. Il n’a aucune évidence, ce principe de « marquer une génération ». Au fait, il n’a presque aucune vérité.

Je l’ai déjà dit une fois, les stéréotypes m’amusent. C’est donc pour ça que finalement, je m’amuse toujours à parler de générations utilisant les classifications qui sont tant à la mode depuis des années : boomers, gen-x, millennials et gen-z sont des mots que j’utilise quasi non-ironiquement quasi tous les jours. Or, ces macro-catégories ont plusieurs limites. La plus grande : aucune ne saurait vraiment être définie par des produits culturels communs, encore moins musicaux. Quand on pense aux disques dont on a dit qu’ils ont « marqué une génération », en réalité, on est déjà en train d’acter inconsciemment des scissions au sein des grandes générations traditionnelles. Ainsi, que sais-je, un Dookie des Green Day recouvre un rôle de trait identitaire générationnel, pour les millennials certes, mais plutôt pour ceux qui ont débuté leur adolescence aux années ’90 (« 90s kids » serait un bon nom de sous-catégorie) ; un Discovery des Daft Punk aurait marqué plutôt ceux qui ont vécu les tous débuts de la culture d’internet et qui ont assisté au phénomène d’une musique électronique pure et dure qui pour la première fois dans l’histoire est venue hégémoniser les boîtes de nuit même les plus commerciales au début des années 2000 (là, j’oserais une « millennium bug generation ») ; un The Black Parade des My Chemical Romance, inévitablement, a de la relevance culturelle plutôt pour les tous derniers millennials, ceux qui ont vécu la première vague de personnalisation de sac-à-dos Eastpack au marqueur sharpie, au collège et au lycée, avec noms de groupes et sous-culture associée (« back-pack generation », si vous voulez) ; et finalement arrive ma sous-génération, la seule qui d’ailleurs a un nom officiel : zillennials, on nous appelle. Il y a là pour le coup une grosse part de vérité : nous qui sommes nés à la fin des années ’90 sommes vraiment au croisement des générations et peut-être, donc, indéfinissables.

Avant de parler du disque qui nous concerne, mes paires et moi, je voudrais juste m’attarder sur une dernière démystification du concept de « marquer une génération ». Pendant que je listais tous les albums dont on pourrait dire qu’ils ont été icônes générationnelles, je me suis rendu compte que, finalement, il s’agit de disques qui ont marqué des adolescences plus qu’autre chose. Si je demandais à mon père quels albums ont marqué sa génération, il répondrait, je pense, à coups de War des U2, The Sky’s Gone Out des Bauhaus, à la rigueur Rio des Duran Duran etc. Il s’avère que mon père est né en 1966 et que tous ces disques sont sortis quand il avait 16/17 ans. Je pense que jamais il ne répondrait que In Utero des Nirvana, publié quand il avait 27 ans, a marqué sa génération. Il était pourtant bel et bien capable d’en apprécier les qualités et de se rendre compte d’à quel point il s’agissait d’un gros phénomène culturel. Cela démontre encore une fois que l’adolescence revêt une importance majeure dans l’empreinte (au sens de Konrad Lorenz) musicale des personnes : c’est la période qui nous forme en tant qu’êtres musicaux et qui définit la mémoire collective de cet agrégé de vies abstrait que l’on appelle génération. Pour ceux qui ont lu ma chronique du concert des Superchunk (dans le Life Lately de novembre 2023), vous savez à quel point il est important dans ma vision des choses que la musique garde une approche poétique « adolescente ». Je le réaffirme ici : musicalement et humainement, rejeter son côté adolescent c’est en quelque sorte une forme de suicide de l’identité, et c’est pour ça qu’aujourd’hui je viens parler du disque le plus important de mes années de lycée : pour, au contraire, graver mon adolescence noir sur blanc, la partager, l’assumer.

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2011 et la grande arnaque du sérieux

Je pense que pour beaucoup de monde treize ans c’est à peu près l’âge où on se rend compte que la musique n’est pas quelque chose que l’on subit uniquement, mais qu’il est possible d’en découvrir de nouvelle avec une approche proactive et non seulement à travers la radio, les films ou les vidéos. C’est en ce moment que devant les yeux du collégien (une créature faite de confusion, ennui et tristesse en parts égales) s’ouvre un vase de Pandore contenant, entre autres, la première rencontre avec « les gens qui parlent de musique ». Avant treize ans, la conversation la plus intellectuelle que l’on peut avoir sur le sujet ressemble à peu près à ça : « T’aimes bien cette chanson [qui passe à la radio] ? » « Oui/non ». Puis un jour se dévoile un univers de personnes qui affirment que cet artiste est meilleur que celui-là, que si t’aimes ceci probablement t’aimes bien cela aussi, que tel album est meilleur que tel autre ou encore (notre préférée à nous tous) que l’on peut produire des listes d’albums représentatifs d’un genre, d’un sentiment, d’une période, d’un endroit, d’une couleur… bon sang, il y en a même qui font une liste des albums « fondamentaux » tout court ! C’est le début de la fin.

En 2011 je débutais la dernière année de collège. Mon passé, un âge de l’innocence que l’on aime bien refouler à cet âge. Mon présent, un quotidien fade soulagé uniquement par l’écriture, quelques jeux-vidéos, quelques bouquins et surtout la batterie, que j’avais choisi de commencer à jouer plus pour la fascination du bruit que pour une passion pour la musique. Mon futur, approchant à de grands pas inquiétants, cinq années de lycée où des personnes dont l’âge est compris entre les treize et les dix-neuf ans cohabitent cinq heures par jour, six jours par semaine (et j’y rajoute une couche : ta classe c’est toujours les mêmes 25/30 personnes le long des cinq ans et pendant la journée vous suivez les mêmes cours sans ne jamais bouger d’où vous vous êtes assis à 8h ; le lycée italien, où seuls les professeurs se déplacent d’une salle à l’autre, est un système assez inconcevable pour les français).

Je vivais avec un mélange de fascination et inquiétude l’arrivée de ce mode de vie nouveau : à la fois opportunité d’une nouvelle expression de soi, les années à venir pouvaient aussi être socialement catastrophiques et le risque de se révéler une personne complètement inintéressante, incapable de nouer des liens ou tout simplement de grandir, étaient à l’épicentre de mes insécurités quotidiennes. On peut dire que les péripéties qui éveillèrent ma passion pour la musique me sauvèrent des angoisses que constituait cette période de transition.

Enfin, péripéties c’est un grand mot. Il suffit de la présence d’un copain âgé deux ans de plus et autant ennuyé que moi des vacances à la plage, ou encore du fils lycéen d’une famille d’amis de ma mère qui était la seule personne à qui parler pendant des dimanches après-midi interminables. Les deux s’appelaient Federico et, comme cela arrive toujours chez ces figures messianiques qui nous ouvrent les portes du royaume des cieux, ils étaient métalleux. Ils ne sont certainement pas en train de lire mais, si jamais, qu’ils sachent que c’est à eux que je dois la première écoute du Run to the Hills, Angel of Death, B.Y.O.B ou encore Cowboys From Hell. Des moments qui ne s’oublient jamais.

Je n’étais pas le seul à avoir ramassé du bois à brûler à la fin du collège : pendant ma « terza media », il semblait que pour la première fois le goût musical pouvait être un facteur supplémentaire pour définir sa personnalité. De plus, l’avènement de Facebook vint verser un gallon d’essence sur la flammichette de la passion musicale qui s’était timidement allumée chez certains camarades. Surtout les filles, à vrai dire (elles arrivent à l’avance sur tout à cet âge-là), brandissaient sur leurs profils des photos de chanteurs, des logos de groupes et compagnie. Je me rendis ainsi compte pour la première fois que je ne pouvais pas blairer le groupe le plus populaire de l’époque, les Arctic Monkeys, dont Suck It And See était sur toutes les lèvres, spécialement les plus jolies. Pour la première fois, je prouvai le frisson de l’anticonformisme qui se transforma vite en snobisme : je fis donc le choix de rejeter en bloc sans trop y réfléchir tous les acolytes du phénomène du moment : Kasabian, Franz Ferdinand, et, étonnamment, aussi les Sex Pistols, qui étaient dans le lot car associés à l'Union Jack et surtout à cause de ce fichu Sid Vicious, beau, damné et un peu sale pile comme l’Alex Turner à cigarette que l’on connaît tous (j’étais extrêmement jaloux des deux). Une douzaine d’années plus tard je ne suis plus cette personne qui se construit en opposition à quelqu’un d’autre (à l’occasion ce quelqu’un était ma première amourette ; j’avais, visiblement, une légère tendance autodestructrice). J’ai réévalué même beaucoup de cet indie rock radiophonique issu du Royaume-Uni au début des années 2010. Par contre, faites-moi écouter dix minutes de Favourite Worst Nightmare et vous verrez chez moi une soudaine et inexplicable irritation.

Sur Facebook il y avait certes les pro-pic et le mur plein de chanson-parfois-ettes, mais aussi une explosion démesurée de pages qui traitaient de musiques diverses et variées. Ô quelle pluralité de voix, ô combien de prophètes, qui se signent avec un alias sur les publications et se font appeler « admin » ! Il y avait à boire et à manger, bien entendu : je n’oublierai jamais les premiers albums écoutés à l’aveugle parce que jugés incontournables par la défunte (et peut-être pas regrettée) « Io odio la musica di merda » (« Je déteste la musique de merde ») : Autobahn de Kraftwerk, Seven Churches de Possessed, Loveless de My Bloody Valentine, 4x4=12 de Deadmau5, Analphabetapolothology de Cap’n Jazz, Earth 2 de Earth… improbable c’est le seul mot pour décrire le buffet à volonté qui m’était servi. N’empêche, je découvris plein de choses importantes. Certaines positives : que les métalleux peuvent écouter de la club music, que la musique ce n’était pas mieux avant ; certaines négatives, voire dangereuses : que « pop » peut être employé comme adjectif péjoratif, que dans la musique le « sérieux » peut être un critère d’évaluation.

Spécialement cette dernière. Tous ces geeks érudits mais arrogants, qui étaient vraisemblablement un peu plus âgés que moi, donnaient une importance fastidieuse à ce mot. Si d’un côté c’est encore quelque chose d’appréciable que de savoir écouter la musique de façon « sérieuse » (en y prêtant toute son attention, en s’informant sur ce que c’est et d’où ça vient…), le principe de juger artistes et albums par leur « sérieux » est créateur de catégories esthétiques terriblement réactionnaires.

Et c’est dans ce contexte, pendant que je m’apprêtais à commencer le lycée, que je vis distraitement se dérouler devant moi la montée d’une crise idéologique. Au début je n’y fis pas plus attention que ça : de temps en temps, il arrivait de voir sur le mur de Facebook des liens à Youtube avec des photos polaroid de chiens. Certains commentaires disaient que les chansons de ce groupe romain anonyme étaient prétentieuses, qu’ils n’y voient rien d’intéressant, que ce sont bien d’autres artistes italiens à mériter cette attention. Je comprenais qu’il s’agissait d’indie rock italien, et à l’époque j’avais encore un peu de mal avec le concept d’indie rock, que j’associais encore à cette « fastidieuse » scène britannique. Ça ne m’intéressait pas plus que ça. Puis l’album sortit et la guerre éclata.

Il Sorprendente Album d’Esordio dei Cani (Le Surprenant Premier Album des Chiens) produisit vraiment une réaction surprenante : contre ceux qui se sentaient représentés par les paroles et qui disaient que c’était un disque qui proposait quelque chose de nouveau et de positif pour la musique italienne, les défenseurs de la musique sérieuse entamèrent une véritable croisade.

La première chose que je remarquais c’est que dans cette croisade, je ne voyais qu’un des deux combattants. Les amateurs du premier album de I Cani ne s’acharnaient pas en sa défense et on ne les voyait pas sur Facebook : ils venaient au contraire décrits par leurs ennemis comme des jeunes adultes occupés à fréquenter des cercles un peu hipster de leurs villes et prendre des apéritifs un peu sophistiqués (ce qui, a posteriori, paraît comme une activité bien plus ravissante que d’insulter sans cesse un album à la mode). Cela titilla ma curiosité : j’en déduisis qu’en quelque sorte il s‘agissait d’un phénomène générationnel pour de gens plus âgés que moi et, comme je venais de débarquer au lycée et que je me sentais particulièrement un petit gamin, cela m’intéressait de connaître la musique qui faisait écho chez les étudiants de la dernière année, les adultes que l’on allait devenir.

Il était 2011 et Niccolò Contessa avait vingt-cinq ans (finalement I Cani, après une première tournée aux visages masqués, se révélèrent une one-man-band). Aujourd’hui, il est 2024, et c’est moi qui ai vingt-cinq ans. J’ai peut-être l’âge qu’il faut pour réviser avec du recul cet album et ce qu’il a signifié pour ma génération, s’il en existe bien une.

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Parler à la future génération, ou les surprenantes promesses de l’âge adulte

Un beau jour d’il y a une douzaine d’années, dans ma chambre d’ado, j’enfilai les Sennheiser avec l’excitation d’un petit acte subversif. Les puritains du freak folk et du drone métal avaient déclaré qu’il s’agissait de musique pas sérieuse, mais j’étais intentionné à lui prêter toute ma concentration. Je regardai la pochette avec un frisson : aussi perturbante qu’innocente, cette image colorée mais glauque, où un groupe de scouts joue un jeu qui ressemble terriblement à une séquestration terroriste, me disait déjà que j’allais éprouver des sensations fortes. Je cliquai sur play.

À la moitié de l’intro instrumentale Theme from the cameretta, la déclaration sonique du groupe m’avait déjà conquis : le mélodisme synthétique de I Cani est catchy et simpliste, et pourtant tragique ; la production sonne en effet « bedroom » (« cameretta ») mais pas dans le sens où les sonorités sont étouffées : au contraire, elles partent dans tous les sens et elles sont presque sales : les cymbales occupent l’espace avec un héroïsme romantique, les couches de synthés sont tellement nombreuses et denses que l’on dirait qu’il y a des bavures de tous les côtés, et le disque semble joué live mais la justesse et la précision chirurgicale de cette instrumentation débordante et impossible (ouïs-je un thérémine ?) cassent délibérément l’illusion. L’énergie est celle du melodic hardcore des années ‘80 (j’avais découvert les Descendents quelques mois avant), tandis que l’approche est celle d’une électro-pop très soignée. Et les paroles aussi reflètent cette étonnante contradiction.

J’ai souvent dit que Il Sorprendente Album d’Esordio dei Cani est un disque punk sans guitares (et c’est vrai : il n’y en a pas). De la même manière, on pourrait dire que son lyrisme c’est de la pop sans optimisme. Il y a certes du génie dans le sound complètement nouveau de ce disque, mais on se rend vite compte que ce qui diversifie le plus les chansons sont leurs thématiques et les histoires racontées par la voix de Niccolò Contessa. L’univers des paroles est un orage d’images du quotidien tellement vives et soignées, se défilant à un rythme tellement engageant que l’imagination de celui qui écoute n’a pas de trêve. Le « slice of life » des Chiens est expressif, ingénieux, ultra-détaillé, toujours plein de surprises, et surtout sans compromis, dans le sens qu’il s’en fout de pouvoir apparaître ringard. S’il est représentatif de la réalité, cela reste à l’auditeur de le cerner.

Prenons par exemple Hipsteria, le premier morceau où on se plonge véritablement dans l’imaginaire du disque, un « bop » Ramonesien énergique qui se tortille sur une mélodie couleur bonbon à la fraise. Le chanteur, si neutre dans son accent et pourtant si incontestablement romain dès le premier vers, décrit une fille alternative de son lycée. Fin juin, le centre de Rome, bientôt la « maturità » (le bac), et elle se distrait en écrivant des nouvelles sur le Macbook Pro et en lisant David Foster Wallace au parc. Une manière hipster, en effet, d’oublier la mélancolie (qu’elle lui arrive pourtant d’« exhiber ») et l’anxiété (même si parfois il s’agit de « fausse anxiété »). Elle dit qu’elle partira à New York un jour (« je te jure », « tu vas voir »), qu’elle dira à ses parents qu’elle va mal à Rome…

Il est sûr et certain qu’un garçon qui rentre au lycée, admire les filles perturbées de la dernière année et s’apprête à vivre les premiers psychodrames sentimentaux de l’adolescence ne peut pas rester indifférent à la narration. Contessa, au fait, ne parle pas de ma génération (le bac est dans cinq ans), mais à ma génération. Dans un morceau comme celui-ci, la simpl(ist)e description d’un type humain sert de prétexte pour mettre en lumière toutes les contradictions d’une jeunesse qui risquait, comme la précédente, de se rapporter avec cruauté et cynisme à ses relations sentimentales. Spécialement face à l’instabilité un peu agaçante (et si « gen-z », déjà) de gens comme la fille de Hipsteria.

La même formule lyrique se répète dans plusieurs morceaux : les portraits de vie quotidienne parsemés de phrases brutales sur les méchancetés de l’âge à venir s’enchaînaient de façon impitoyable, et le moi de 14 ans, allongé dans ma cameretta, ne put que succomber à ce bombardement.

Door Selection, avec ses rythmiques surf et ses synthétiseurs au plasma qui se moquent un peu du revival yé-yé (coucou Baustelle), raconte des premières soirées où l’on cherche la fête et l’on trouve juste un sentiment de dédain. La jeunesse universitaire romaine blasée de la vie normée qu’elle mène, y compris dans ses excès, est présentée par une critique, mais aussi par une triste admission d’appartenance. Le Coppie, la chanson la plus pop-punk du disque, dresse un bilan satirique des « couples » de Rome, toujours pris dans leurs petites disputes innocentes et usantes, et par leurs rituels traditionnels : cadeaux, sorties, concerts, ruptures qui, à quelques détails près, se ressemblent un peu toutes. Ne cachant pas une point de snobisme, avec son ton froid de statisticien, Contessa sous-entend un peu que l’âge adulte, c’est aussi la fin du romantisme.

Mais I Cani ne posent pas leur regard uniquement sur cette intelligentsia d’ados trop vieillis. En témoigne l’énigmatique et un peu « dark » (mais aux mélodies toujours aussi naïves) I Pariolini di Diciott’anni (« Les kékés de dix-huit ans », même si le terme « pariolini » désigne spécifiquement la provenance des Parioli, quartier bourgeois de Rome). Jeunes, fascistes, riches (emmêlés dans des histoires de cocaïne), dépravés (emmêlés dans des histoires de vidéos avec des filles plus jeunes), et pourtant ce sont « les derniers vrais romantiques ». Contessa, qui admet de « vivre et cachette » se découvre jaloux d’eux, sans en connaître la raison. Il n’y a jamais de morale facile à interpréter, dans ces morceaux. Celui-ci, aussi poétique qu’aberrant, je le vois aujourd’hui comme un avertissement aux moins de dix-huit ans de l’époque : une invitation à vivre de façon plus spontanée, afin de ne pas se retrouver, à la fin de la jeunesse, à envier les pires spécimens de notre époque de l’avoir vécue plus pleinement que nous.

C’est ça aussi qu’a permis au Surprenant Premier Album de rester d’actualité pendant plus de dix ans : son sens de la génération. Velleità en est, possiblement, l’exemple le plus frappant : sa new-wave un peu rétro mais « canisée » (OMD sous MD, no pun intended) s’accompagne d’un texte qui fait une grande apologie des velléités. Pour quelqu’un qui tient un blog de musique, c’est déjà un hymne, mais ce qui est intéressant c’est que toutes ces velléités sont attribuées à des gens nées en mille-neuf-cent-n-neuf. Ce n’est pas vrai que tous les nés en 1979 jouent dans des groupes revival et que tous les nés en 1989 manient des appareils photo reflex. Cependant l’expédient descriptif sert d’hommage à tous les « inbetweener » générationnels dont les sens d’appartenance sont si fragiles qu’ils doivent s’accrocher à des petites manies pour arriver à tout simplement « dormir », « baiser », « vivre ». L’explosion sonique finale (il y a plusieurs morceaux des Slayer qui fonctionnent de la même manière) peut être vécue comme un espace de catharsis pour les gens qui, comme moi, étaient en train de découvrir tout ce que l’on craignait de la venue de la vie adulte. Qu’en sera-t-il de nous, nés autour de 1999 ?

Au-delà d’un style de narration « impressionniste », I Cani firent aussi preuve d’un vrai talent de storytelling. Post-Punk, le chef-d’œuvre narratif du disque, est la chanson la plus explicite à aborder son thème principal, celui du heurt entre adolescence et âge adulte, racontant l’histoire de la rencontre entre le chanteur et un homme du double de son âge qui avait répondu à son annonce pour former un groupe post-punk. Les harmonies épiques qui accompagnent les leçons du bohémien quarantenaire sur le vrai sens de la vie (« pour moi ce qui compte […] c’est l’humanité ») se révèlent finalement déchirantes quand, troublé peut-être par son attitude, il admettra qu’en réalité lui (aussi ?) fait partie d’une haute bourgeoise qu’il n’a pas réussi à refouler entièrement. Remarquable, aussi, Il Pranzo di Santo Stefano, chanson de post-Noël aussi bien dans le sound que dans le thème (Santo Stefano c’est le jour férié du 26 décembre). Seul morceau calme et tamisé de l’album, il raconte du rituel du déjeuner avec la famille de sa copine comme d’un des moments où l’on perd notre âme d’adolescents. Le final surprise du morceau, encore plus perturbant que celui de Hipsteria, jette une ombre fataliste sur la quasi-tendresse que put avoir le repas festif et folklorique :

L’album termine comme il se doit de terminer : par une rêverie twee-pop très inattendue, spécialement après Perdona e Dimentica, qui est essentiellement un « dissing » sans pitié adressé à une ex-copine (je ne m’attarde pas trop sur ce morceau car je pense que nous tous revivons ces moments de notre vie avec un peu de honte). La closing-track Wes Anderson met une pointe d’optimisme dans un album qui, derrière sa patine de « quirkyness » cache en réalité les désillusions d’une adolescence où nos villes ne nous ont pas donné de grands horizons, pendant qu’on grandissait nourris par leur sol si grandiose qui s’avéra pourtant si aride (aussi bien Rome que ma chère Florence). Si on y fait gaffe, la chanson dédiée aux plus indie pop des cinéastes est aussi la seule à ne faire aucune référence territoriale, on ne parle ni de Rome ni de véritables éléments de vie de tous les jours : « Je voudrais vivre dans un film de Wes Anderson » devient ainsi le slogan ultime du besoin d'un retour à l’innocence pour une génération rendue cynique par trop de déceptions. 

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Conclusion : qu’en fut-il ?

Aujourd’hui j’ai le double de l’âge que j’avais la première fois que j’ai écouté Il Sorprendente Album d’Esordio dei Cani et je me rends compte que c’est un disque dont il est très difficile de transmettre la relevance culturelle pour ma génération à travers les mots (spécialement en français). J’espère vous avoir donné l’envie de l’écouter, et je m’excuse pour ne pas avoir véritablement réussi à donner une cohérence à la pluralité de références et d’émotions que ce disque constitue pour quelqu’un qui est né dans une grande ville italienne à la fin des années ‘90.

Pendant plus de dix ans, tel ou tel vers des paroles de Contessa m’ont rendu visite à une occasion ou à une autre : je retrouvais la justesse de ses mots dans un regard à une fête, dans une publi sur les réseaux, dans les discours d’un ami un peu blasé par les derniers évènements florentins… Ainsi, les paroles du Sorprendente peuplent encore mes souvenirs et sont encore la bande-son imaginaire de sensations brumeuses que j’ai vécu il y a longtemps. Il n’est pas facile donc de dresser de véritable bilan. Face à tant de complexité, de bouleversements intérieurs, face au tourbillon de vies de tous ceux qui ont partagé avec moi les petites difficultés de grandir à Florence, on ne peut pas écrire d’essai ayant une véritable direction. Eventuellement, la seule chose que l’on peut faire, c’est répondre à un simple question. Douze ans sont passés, et alors, bien, qu’en fut-il ?

Il en fut que le choix de mettre un interlude noise au milieu du disque (Roma Nord feat. Cris X, un monsieur qui avait déjà collaboré avec Merzbow !) répugna de nombreuses personnes, et qu’aujourd’hui c’est une coutume courante. Il en fut que ceux qui jugeaient un disque de 36 minutes « trop court » aujourd’hui ça ne les choque pas plus que ça, et que les disques de pop sont de plus en plus courts. Il en fut que, malgré la compréhensible critique au fait que les morceaux sont tous pareils, un courant entier s’est basé sur cette sonorité : on appelait ça le « ITPOP », mais malheureusement personne n’a jamais atteint le génie de l’original.

Il en fut que Niccolò Contessa a quand même eu une belle carrière de producteur, dénichant notamment le talent de Calcutta, qu’aujourd’hui remplit des stades et dont j’ai découvert récemment la petite célébrité en France aussi. Il en fut que I Cani publièrent deux autres disques : dans Glamour de 2013 la formule se répétait mais les synthés avaient été domptés, dans Aurora de 2016 on passa à une pop pure et dure qui se laisse écouter mais ne m’émeut pas plus que ça. Il en fut que, petit à petit, Rome disparut des paroles.

Il en fut que j’ai écouté Il Sorpendente Album d’Esordio dei Cani des centaines de fois et que je ne m’en lasse jamais. Il en fut que la plupart de mes amis de Florence connaissent les paroles par cœur, exception faite pour les plus snobs (parfois invités spéciaux du blog) et pour ceux qui ne s’intéressent pas de musique indie (ces derniers ayant été discrédités par Manuel, qui n’écoute que du hip-hop et de la soul et pourtant connaît bien les paroles par cœur). Il en fut que Matteo, un garçon particulièrement créatif, eut une histoire avec une fille qui se termina tellement mal que, pour soigner un peu la blessure, il changea fâcheusement les paroles de chaque morceau pour les lui dédier.

Il en fut que mon adolescence, contrairement à toutes mes angoisses, fut plutôt heureuse. Il en fut que j’écoutais Il Sorprendente pour me requinquer dans mes moments de mou amoureux, mais que de temps en temps je le faisais aussi tourner à des volumes insensés aux fêtes (tu te souviens de Door Selection à nouvel an 2015, Alessandro ?, moi c’est même le dernier truc dont je me souviens). Il en fut que finalement je ne devins pas quelqu’un d’excessivement cynique et que, parmi les gens que je connais, les plus cyniques aujourd’hui sont ceux qui s’adonnent le moins à leurs velléités (moi, au contraire, je suis très indulgent envers les miennes). Il en fut que j’entendis le conseil de Niccolò Contessa et que je vécus pleinement les années 2010 : finalement, je ne suis plus trop jaloux des « pariolini » de l’époque ; ma seule hantise c’est qu’il m’arriva tout de même de dire des choses méchantes sur des personnes qui n’étaient pas forcément en très bonne santé mentale, un peu comme la fille de Hipsteria. Et il en fut que, un peu comme la fille de Hipsteria, je partis à l’étranger et que mes amis partent de plus en plus de Florence.

Il en fut qu’une bonne partie des prophéties contenues dans cet album « pas suffisamment sérieux » se sont quand même réalisées. Il en fut que l’âge adulte arriva, et avec lui le dédain des soirées mondaines, quelques rancunes et quelques embarras envers des vieilles relations. Il en fut que les rituelles conneries des couples, nous les avons tous vécues, chez nous et chez les autres.

J’aimerais bien dire que quand on ferme les yeux et qu’on se fait bercer par le son chaotique de cet album tous nos problèmes disparaissent, mais ce n’est juste pas vrai. Ils font même l’inverse : ils apparaissent devant nos yeux avec une netteté épatante. Toutes les déceptions, toutes les tristesses, les gênes, les méfaits actés ou subis, déroulent devant nous comme dans un film et pourtant ils deviennent inoffensifs, drôles, singuliers et pittoresques. Comme dans un film de Wes Anderson.

Quand on écoute Il Sorprendente Album d’Esordio dei Cani on ne peut pas éviter de passer en revue douze ans de souvenirs, la plupart mauvais, et finir par en rigoler. Peut-être que c’est ça, finalement, marquer une génération.

martedì 23 gennaio 2024

Reverso (Episode 0) - Avant-propos et oui, c'est en français

Si les copains italiens ont dû subir un de mes fastidieux avant-propos, je ne vois pas pourquoi les copains français ne devraient pas.

En effet, quand j’ai lancé ce blog (justement, par le biais d’un fastidieux avant-propos) j’étais assez ferme dans l’idée que cet espace accueillerait uniquement des articles en langue italienne. Les raisons sont multiples : un, écrire en italien me vient plus naturellement et tout simplement mieux ; deux, cela me donne un certain bien-être, peut-être le calme d’un retour aux sources ; trois, je parle essentiellement de musique underground française, musique pour laquelle je veux bien espérer qu’il y a déjà des amateurs français qui manient la langue de Molière mieux que moi et, surtout, qui savent donner à ces artistes la résonance dont ils ont besoin dans l’hexagone. Je ne dis pas par là que je suis le seul et unique grandiose divulgateur d’une soi-disant « scène française » en Italie, mais a minima je m’accorde de me dire que ce que je fais est quelque peu original, dans le sens où de gens qui parlent en italien de concerts qui ont lieu en France il y en a très peu voire pas du tout, et que cela m’a quand même permis de traiter de la musique que les revues italiennes traitent très peu voire pas du tout.

(À titre d’exemple, si vous tapez « johnny mafia gruppo francese rock » sur le Google italien il n’y a aucun article qui leur soit dédié, ce que je trouve d'ailleurs scandaleux. Je me dois quand même de signaler une des rarissimes parutions dans la presse des quatre bourguignons : ils furent remarqués, dans le lointain 2018, par le « Giornale di Vicenza ». Ciao Costantino !)

Plusieurs amis français m’incitent à écrire des live report en français. Ils pensent que ça jouerait à mon avantage. Je me permets de ne pas être d’accord : quand bien même cela me permettait d’avoir plus de lecteurs, je renoncerais, outre qu’à mon « originalité », à beaucoup des choses qui me rendent heureux d’écrire. Mon regard d’étranger (ou plutôt de « transplanté »), omniprésent dans mes articles que l’on les lise de France ou d’Italie, se perdrait complètement, ou encore je ne pourrais plus m’octroyer le droit de foutre la merde avec gaieté quand j’en ai envie (imaginez si j’avais écrit en français lorsque j’ai râlé sur Dalle Béton ou que j’ai presque révélé le personnage haut-placé dans la pop française qui a chopé la Laurène : je serais passé pour un pur connard, et à juste titre) ! Enfin, toutes ces raisons font que non, je ne vais pas écrire les chroniques des concerts en français, c’est mort. Foutez-les sur DeepL et en contentez-vous.

Cependant, j’ai pris ces derniers temps une petite pause des live report et je me suis dit que j’aimerais bien écrire à nouveau un article comme celui d’introduction au blog, qui était essentiellement une revue de « Paris <> Berlin » de Stereo Total en référence à mon vécu. Le premier album qui m’est venu à l’esprit pour cet exercice est un disque italien extraordinaire qui a pourtant un défaut : le 99,9% des italiens qui ont à peu près mon âge en ont déjà entendu parler jusqu’à la nausée. Tant que j’y étais je me suis amusé à taper le nom de l’album sur Google en cherchant uniquement des résultats en langue française : le vide absolu.

L’occasion était trop gourmande pour ne pas créer une nouvelle rubrique. Et en effet, cela n’a pas de sens que je parle de musique italienne en italien : soit c’est déjà fait, soit il y en a de meilleurs que moi pour le faire. Mais en français… Ben, c’est le revers de la médaille de ce que je fais d’habitude !

Cette nouvelle série intitulée « Reverso » me verra donc, de temps en temps, passer la zone de confort de celui qui écrit de musique étrangère en sa langue maternelle au terrain miné que traverse celui qui parle de sa musique maternelle en langue étrangère. Ce ne sera pas sans en chier, mais je vais essayer de le faire avec la naturalité avec laquelle on clique sur le pictogramme des deux flèches sur un tel site internet. S’il vous arrive, à vous aussi, de tenter des exploits linguistiques un peu osés, vous avez déjà vécu le frisson de l'inversion et vous savez de quoi je parle. Si ce n’est pas le cas, je vous aime quand même. 

À très, très bientôt. 

domenica 24 dicembre 2023

Natale con i tuoi - Al cenone indie del Motel con Biche, Alva Starr e Speed 3

Biche live @Petit Bain (Le Noël du Motel), Parigi, 18/12/2024

Nel pieno della mestizia invernale di cui ho fin troppo parlato nei miei ultimi live report (dovuta a un clima schifoso e due o tre cazzate di ragazze, insomma niente di grave), a un certo punto arrivano le feste. Le feste, questa tradizione imposta dall'alto e che deve per forza essere fonte di gioia e speranza: arrivato a una certa età, e dopo che la mia polemicità tipicamente fiorentina si è trasformata in un vago cinismo, questa storia delle feste ha cominciato un po' a starmi sulle balle. Nei miei momenti di massimo distacco dalla realtà può capitarmi di pensare le stesse cose di istituzioni ancora più importanti, tipo la famiglia, questo gruppo di persone che fanno parte della tua vita per puro caso e che per norma sociale sono destinati a essere il tuo fulcro di unità, affetto e valori. A volte davvero mi verrebbe da dire: ma chi l'ha deciso? Poi succede che per un imprevisto devo volare con urgenza in Spagna e ritrovarmi accerchiato da zie e cugini che non vedevo da anni e che non sento quasi mai. E lì mi rendo conto che questi miei punti di vista intellettuali, atarattici e nichilisti non hanno nessun valore: al di là di tutti i costrutti sociali a cui uno possa pensare, la famiglia resta la cosa più importante. Non c'è tanto di più da spiegare.

Torno in Francia dalla mia trasferta madrilena d'emergenza e mi dico che sì, forse posso dare una chance anche a questo fantomatico calore delle feste. Per fortuna gli amici (l'altra cosa più importante) hanno anticipato questo mio desiderio, convincendomi giorni prima a prendere i biglietti per andare al concerto di Biche, un gruppo di indie pop francese contemporaneo (interpretate il “contemporaneo” come volete, io lo applico a sproposito ogni volta che intravedo rullanti ovattati e con loro l’inevitabile legato di Mac DeMarco). Do mezzo ascolto ai Biche e non disdegno affatto il loro sound fresco, elegante e delicatamente psichedelico. Vista anche la location (l’unico e inimitabile Petit Bain), gli opener decisamente promettenti e soprattutto il fatto che con questi amici abbiamo il progetto di strimpellare insieme proprio dell’indie pop francese, accetto l’invito con piacere e senza pensarci troppo.

Il lunedì del concerto arriva, dopo un week-end privo di qualsivoglia emozione natalizia malgrado la mia buona volontà: le luci e le decorazioni per strada e nei negozi non mi comunicano niente, la proliferazione di tronchetti di natale nelle pasticcerie un po’ mi stomaca, e pensare a che regali fare e a chi farli resta una discreta rottura di coglioni. In questo spirito da Grinch, guardo i biglietti del Dice e noto che la serata si chiama “Le Noël du Motel”. Oimè, una serata di natale. Speriamo bene.

***

Arrivo al mitico molo del Petit Bain per primo tra i miei compari. In realtà sono arrivato prestissimo, perché sì: arrivare all’apertura è un altro dei miei lati intransigenti e un po’ scorbutici, da Ebenezer Scrooge. La serata è gelida e decido di entrare. La ragazza della biglietteria che, poverina, deve stare a lavorare all’aperto per tutta la sera fa comunque grandi sorrisi a tutti mentre distribuisce biglietti della tombola in allegato al timbro sul polso. Entro in cambusa per ammazzare il tempo ma ancora non c’è praticamente nessuno. Le poche persone in sala, però, sono estremamente sorridenti e sembrano tutte conoscersi. Ogni nuovo avventore saluta i presenti con un abbraccio, e a turno la gente viene a scambiare due chiacchiere con il banchino del merch. Mi sento quasi a disagio, come un imbucato a un pranzo tra parenti di una famiglia di sconosciuti.

Ovviamente c’è una spiegazione per questa sensazione: il Motel che organizza questa festa di natale è un famoso bar, l’unico che abbia sentito rivendicarsi la parola “indie” nei suoi statuti fondanti: una nicchia mitica di una scena parigina alla quale non appartengo. La gente che suppongo affiliata al Motel, in sala o sul ponte, è molto affabile verso il suo circolo, ma mi sento un po’ burbero e la cosa non mi scalda particolarmente. In compenso scovo un dettaglio divertente nella descrizione dell’evento, che leggo mentre aspetto la musica seduto nel gradino degli uomini soli (piano piano ci siamo accumulati): tutti e tre i gruppi sono stati, in passato, baristi al Motel. E in effetti, appena i cinque Speed 3 salgono sul palco, cominciano subito i salutini e gli inside joke con alcuni elementi del pubblico. Comincio a intenerirmi: quando vado a vedere i gruppi dei miei amici fiorentini (fanno o free jazz o ska-punk) il mood è più o meno il medesimo.

La formazione che apre le danze è quantomeno bizzarra: cantante, bassista e batterista sono dei tipici ragazzotti un po’ hipster da gruppo indie rock (si segnala l’avvistamento di una maglietta degli Stereolab sul batteria); il chitarra solista, arruffato come pochi, sembra un metallaro degli anni che furono; il tastierista, invece, è il tipico personaggio mattacchione da bar scene, un po’ più anziano degli altri e dalla faccia burlona e gentile. Contro ogni aspettativa, la serata si apre all’insegna del rumore e della sregolatezza: l’indie rock aggressivo di Speed 3, che vuole bene tanto al britpop quanto a una New York d’antan (leggasi: quel folle viaggio che ci porta dalla Factory fino a Casablancas), è una gioia per le orecchie di chi, come me, ama il rock che flirta col noise ancora più del noise rock stesso. Sopra a un sostrato ritmico precisissimo e pulito, una voce strepitante e saturatissima sconquassa gli avventori, e il gruppo tira fuori dal cappello mille trucchetti, tra assoli graffianti e parti di tastiera sempre inaspettate. La band è affiatata e matura, macina musica e sembra tutto tranne che un gruppo che ha un solo singolo su Bandcamp all’attivo. Ma oltre alle tastere-carillon di The Art of Saying No si cela un piccolo universo di trovate divertenti: scream laceranti che rompono le atmosfere mogie di canzoni sulla solitudine, pianoforti boogie che esaltano i crescendi di arringhe politiche contro liberalismo e poteri forti, accelerazioni e sfuriate che ti schiaffeggiano a tradimento mentre ti concedi di gongolare ammaliato da sezioni pop quasi raffinate.

Intrattenuto dal fiume in piena di questi simpatici Speed 3, dimentico persino le mie vaghe sensazioni di isolamento. Intanto gli amici arrivano e la sala si riempie con grande naturalezza. Il gran finale, marcato da una canzone-omaggio al Das Kapital, è l’occasione di ritornare a scherzare tutti insieme, sfottendo l’amica americana (di background repubblicano) citandole i rischi di epurazione che corre con questa vita parigina in linea tangente col marxismo. Nel calore di un Petit Bain finalmente pieno di gente, verosimilmente non tutte del microcosmo Motel, comincio ad avere le prime visioni del Fantasma del Natale Presente e ad assaporare l’allegria del momento con più leggerezza.

***

Non passa neanche un quarto d’ora che il palco si rabbuia di nuovo per lasciare spazio ad Alva Starr, l’act che forse mi incuriosisce di più stasera. Anche loro ai loro inizi, si suppone: i singoli su Bandcamp stavolta sono tre, ma due sono “rough demo” e uno è “live” (ciascuno, peraltro, si può acquistare per la modica cifra di mille euro, cosa che trovo spassosissima). Ascoltandoli in streaming, visti i miei mezzi limitati, avevo apprezzato molto il loro indie pop che, seppur soffuso, è attento a non cadere nella rischiosissima trappola di un suono “bedroom” inflazionato e banale. Chitarre trillanti, synth soffici, un groove dimesso ma accogliente e armonie vocali leggiadre, né troppo liriche né al contrario troppo “blasées”, fanno di questo quartetto parigino una piccola perla che, se fossi un talent scout, sorveglierei a dovere. E siccome fingermene uno è il mio passatempo preferito, mi piazzo in prima fila.

Il concerto di Alva Starr è delicato come una mattinata d’inverno dal cielo blu (oggetto rarissimo da queste parti). Impossibile non sorridere, chiudere gli occhi e ondeggiare la testa, per esempio, con le melodie dolci di una canzone come Airlane, talmente aggraziata da far perdonare, o addirittura apprezzare, anche la fortissima somiglianza armonica con Boys Don’t Cry; oppure ancora la micro-hit Go to Congo, che con le sue vocals esotiche e le sue chitarrine un po’ folk un po’ indie anni ’00 (mi si segnala un aroma di Vampire Weekend), ci fa viaggiare tra le Afriche e le Americhe con buffe storie di amori criptici; e ovviamente non può mancare la canzone di natale: I Want a U-boot for Christmas finalmente riaccende dentro al mio cuore un po’ di spirito natalizio. Anche a questo giro, le canzoni nuove sono tante, e tenere quanto lo stage banter un po’ timido del cantante. Il duetto finale e l’abbraccio con Lonny, cantante più affermata e anche DJ più tardi nella serata, è un attimo di grande e sincera dolcezza, in un alternarsi di voce femminile e maschile che ricorda persino i momenti più affettuosi dei Moldy Peaches.

Più che per la famosa “freschezza” con cui vengono incensati solitamente i nuovi gruppi indie, Alva Starr meritano un plauso per l’esatto opposto: il tepore. Nella sala del Petit Bain, a fine concerto, sembra quasi di sentire un odore di legna nel caminetto e di pan di ramerino. Poi una voce annuncia che al piano di sopra c’è la tombola e a quel punto saliamo nella sala del ristorante tutti emozionati: siamo quasi tornati bambini.

***

I lotti, uno ad uno, vengono annunciati. C'è un gran vociare tra i tavoli e le sedie della “cantine” (“mensa”), mentre gli astanti, parecchio pigiati, vengono illuminati dalle luci calde della sala. La luna, fuori dagli oblò, si riflette sulla Senna. Mentre i baristi spillano birra, una bambina estrae i foglietti dalla boccia di vetro e una ragazza urla i numeri, lamentandosi di doverli ripetere più volte. Non mancano le tradizionali battutacce, tipo le descrizioni altisonanti dei premi meno ghiotti, o i sempreverdi “’Azzo, quasi!”, “Ambo!”, “È mio, è mio! No, scherzo”. Ci si sente davvero come a una tombola di famiglia.

E la dea bendata ci sorride. Proprio mentre vengono tessute le lodi di uno straordinario, eccezionale cappellino invernale di marca “Le Motel”, con tanto di logo (un tricheco), mi permetto di dire: “Boh, io non la porto mai ‘sta roba” e il mio 903 viene miracolosamente estratto. Tutti i compari mi fanno letteralmente le feste, perché tra noi sono il primo vincitore della sera. Festa doppia, perciò, quando i fidanzatini del gruppo si portano a casa il premio più ambito, un ingresso per due al prossimo concerto dei Beach Fossils. Siamo i fortunati della serata, scherzosamente invidiati dai partecipanti della tombola che incrociamo in un angolo fumatori che ha la stessa atmosfera del ritrovo delle zie in giardino con le loro sigarette prima del dessert, la sera del 24. È la magia del natale.

“Lo senti? Stanno iniziando i Biche!”. Buttiamo i mozziconi nel posacenere e ci dirigiamo verso l’interno, con la stessa fretta del parente a cui è stato chiesto di andare a dare una mano per portare in tavola le fette di panettone. Nella sala concerti, il pubblico è in un silenzio un po’ religioso, un po’ divertito, un po’ commosso, come se stesse ascoltando il coro dei bambini che canta Tu Scendi Dalle Stelle. In realtà, sul palco, illuminato di un colore azzurro come quello dei fiocchi di neve, i cinque ragazzi di Biche stanno suonando la bellissima Kepler, Kepler, una delle canzoni più riuscite del (lui sì) freschissimo LP del 2019 La Nuit des Perséides. A cavallo tra generazioni di pop-rock di foggia inglese, ma con un piglio melodico francesissimo, questi giovani talentuosi sono riusciti a plasmare un sound sognante, appassionato e quasi sensuale. Ponte di congiunzione dei nostri giorni tra Beatles (vedasi le chitarre alla Taxman), i Blur di Parklife e le psichedelie gentili e innamorate degli anni ’60 degli Stereolab, la miscela Biche sa essere originale e al contempo referenzialista, ma senza pesantezza e in maniera giocosa e sbarazzina (in effetti, il cambio maglietta del cantante che, sorpresa, era anche batterista degli Speed 3, spiega tutto: vedasi foto).

Che i Biche siano un gruppo sopra la media nel loro genere è chiaro fin da subito. Ma c’è una cosa ancora più evidente: stasera i Biche stanno suonando esclusivamente per amici e parenti. Lungi da loro, perciò, l’idea anche rispettabile di fare uno showcase esaustivo del repertorio o di raccontare qualsivoglia aneddoto informativo su album, singoli, collaborazioni e altri successi. Non ci sono discografici o personaggi influenti all’ascolto, e anche se ci fossero stasera l’unica cosa che conta è passare un buon momento con i propri cari. Gli outsider come me, pur divertendosi e godendosi la musica, non capiscono nemmeno granché di quel che succede: ad esempio, una loro amica che non sappiamo chi sia (nota a posteriori: è la cantante di En Attendant Ana) monta sul palco e canta la maggior parte delle canzoni col gruppo, che del resto funziona benissimo a due voci; il quintetto, inoltre, ci delizia con tante novità e pezzi mai sentiti. Ovviamente, c’è spazio per diversi fan-favorites: penso alla dolce Le Laboratoire, così ondeggiante che anche il Petit Bain sembra per un attimo muoversi sulle onde: un finto walzer dai retrogusti krautrock che tutti sogneremmo di ballare con la nostra ragazza dei sogni in una sala del liscio creata apposta per nerd come noi. Nonostante la solidità impressionante della band sulle canzoni già rodate, però, sono proprio i pezzi inediti a brillare. “Non lo so se vi piace, quando ai concerti partono le canzoni nuove…”, dice il fascinoso Alexis Fugain, leader della band. Stasera piace a tutti: tra le varie novità, apprezzo particolarmente una cannonata synth-pop a 200 bpm (complimenti al tastierista per la resistenza delle dita) e la gagliardissima e ritmata L’Engranage, che non necessita di più cowbell ma che aspettiamo in gloria in un prossimo disco.

Nella spensieratezza di questo cenone musicale di natale coesistono sia il divertimento naïf dell’infanzia che la gratitudine, più adulta, del sentirsi in famiglia. Il set di Biche passa in un baleno e nei volti del pubblico si indovina solo ed esclusivamente una piacevole soddisfazione. C’è chi come me, ad occhi socchiusi, si lascia ipnotizzare da canzoni colorate come le lucine che lampeggiano sull’albero; c’è chi sorride, chi ride; c’è chi canta, chi balla, chi ruzza e chi se ne sta fermo, anche a braccia conserte, a godersi un gruppo che potrebbe (meritatamente) essere destinato a grandi cose, e che, malgrado un’aura di sofisticatezza che può ingannare l’occhio inesperto, ci ha mostrato di essere capace di trasmettere un’intimità senza artifici. I ringraziamenti finali sono sinceri come quelli che si possano fare a chi ti ha offerto un bel regalo, e suonano proprio diversi dalle classica formalità dell’etichetta da palcoscenico. Di rimando, pure dal pubblico si sente montare più di un “merci”.

***

Come ad ogni cenone che si rispetti, ci beviamo un ultimo digestivo che forse è di troppo, ma che avrà il merito di farci dormire serenamente. Ci facciamo due risate con la gente del pubblico e poi, presi da un inizio di sonnolenza dopo l’abbuffata indie di stasera, decidiamo di tornarcene a casa. Prima di andare alla fermata della metro ci fermiamo simbolicamente sul lungosenna come farebbero gli ospiti sul pianerottolo e salutiamo questo nuovo parente, il Motel, a cui promettiamo di rendere visita appena potremo. Da dietro, il Petit Bain ci fa anche lui ciao ciao con la mano, in modo meno solenne perché tanto ci vediamo già spesso.

Tra pochi giorni parto per Firenze e gli amici con cui ero stasera non li rivedrò per qualche settimana. Ci auguriamo buone feste e, per una volta, pronuncio queste frasi universali, trite e ritrite, credendoci davvero. Buon natale, buon anno, state bene.

A volte mi sembra tutto forzato e stupido. A volte vorrei che le tradizioni non esistessero, e che certi giorni, certi periodi, si potessero vivere senza caricarli di significati che mi lasciano indifferente. Poi, un po’ vittima degli eventi, un po’ spinto da una forza invisibile, ti ritrovi a passare dei momenti speciali come quelli di stasera e ti rendi conto che a volte certi principii astratti sono più forti di te. A capodanno non so cosa faccio, ma so che lo passerò con chi voglio. Il natale del Motel invece, come da proverbio, l’ho passato con i miei.

lunedì 18 dicembre 2023

Stereo Totale's Quarterly Business Review - 4 Mixtape per Dicembre 2023

Il natale è ormai alle porte, la fine dell’anno quasi la si tocca con mano, e dicembre è passato in fretta. Un po’ mi sono calmato coi concerti, e i pochi che ho visto non mi hanno ispirato pagine e pagine dei miei soliti muri di testo. Detto ciò, su questo blog non ce ne siamo mica stati con le mani in mano, anzi. Negli uffici della Stereo Totale SRL (azienda che è multinazionale fin dalla sua nascita) c’è ancora più fermento del solito: sono passati ormai quattro mesi dal lancio del brand e tra continui meeting, qualche joint-venture e la ricerca continua di nuovi deal, la timetable è stata parecchio serrata, ma adesso una domanda sorge spontanea: come sta andando il business? È il momento di lasciare un attimo da parte le task in corso, concentrarci su una vision un po’ più on the long run, in linea con la nostra mission e quella dei nostri partners. Tutto chiaro?

Quattro mesi fanno un quadrimestre, e nello spirito corporate sappiamo bene che non si può pronunciare la parola “quadrimestre” senza rimandare a un’impellenza stagionale inevitabile: la Quarterly Business Review, per gli amici QBR. Vi do perciò il benvenuto in questa nuova rubrica, un po’ diversa dai classici live report o altri articoloni che vi capita di leggere qua. Ovviamente, è una rubrica che cadrà ogni quattro mesi e che, ve lo prometto, non conterrà mai più nessun altro fastidioso gergo aziendale.

La Stereo Totale Quarterly Business Review, in sostanza, è quel momento in cui, dopo tante (troppe) parole riversate a raccontare concerti, dischi e canzoni, finalmente posso posare la penna sul calamaio e far parlare la musica al mio posto. Da qualche tempo ho sviluppato un nuovo svago, che è quello di creare dei semplicissimi mix su Audacity, per avere dei file pieni di musica senza pause da condividere un po’ con chi capita. Un bel mix, come un diamante, è per sempre. Un bel mix può servire a tantissime cose, e oggi servirà soprattutto a fare un piccolo bilancio delle attività del blog nell’ultimo quadrimestre. Spoiler: sono stati quattro mesi stupendi, pieni di tanta bella musica, e infatti i mix sono riuscitissimi e ci sono solo pezzoni. I miei lettori sono sempre fantastici, gli sono molto riconoscente e per questo approfitterò delle QBR per far loro un piccolo ma meritatissimo regalo.

Senza troppi giri di parole, perciò, vi lascio sotto l’albero di natale non uno, non due, non tre ma quattro mix. I due mix “QBR” contengono un po’ tutta la musica di cui si è parlato su Stereo Totale fra settembre, ottobre, novembre e dicembre. Ci sono varie ragioni per cui i mix sono due: innanzitutto, per me il mix perfetto dura 45 minuti all’incirca, e un solo mix con tutti gli artisti citati sarebbe durato molto di più; inoltre, negli articoli del quadrimestre abbiamo trattato di musica molto diversa, a volte estremamente rumorosa e a volte invece dolce e delicata, che ho voluto dividere per coerenza. State perciò attenti a cliccare bene sul link giusto: vi sconsiglio di mettere “The Loud Stuff” in sottofondo al cenone coi parenti, così come sconsiglio di pomparvi nelle cuffie “The Calm Stuff” quando siete sonnolenti a lavoro (magari distrutti dal concerto della sera prima) e dovete reggervi in piedi per l’ultima ora del turno.

Siccome sembra brutto regalare solo due mix su quattro mesi, mi impegno a trasmettervi, in questa e nelle future Quarterly Business Review, anche due altri mix “bonus”. Si tratta di miscellanee a tema che ho prodotto per diletto al di fuori dell’attività blogghistica. A questo giro ho deciso di riciclarne due che ho fatto in estate: “What is Garage Rock” è un compendio del meglio di ciò che, nella mia visione, si può definire garage rock, ma il suo titolo si può interpretare anche come una domanda, filosofica ma del tutto legittima, su cosa davvero significhi quest’etichetta così labile e astratta; “Synthetic Laughs, Synthetic Tears”, invece, è una raccolta di canzoni synth-pop tutte accomunate dal fatto di essere al contempo allegre e tristi, che ho riunito quasi con la voglia di provare che questa melancolica ambivalenza è l’essenza stessa del genere. Potete ascoltare in streaming o scaricare questi quattro mix sul link Mega qui sotto. 

Mega  Stereo Totale QBR - Dicembre 2023

Tengo a ribadire che, non essendo io un professionista, tutti i quattro mix e in particolare i “bonus” sono di livello amatoriale e pieni di difettucci, tipo che a volte i volumi tra una canzone e l’altra non sono equilibratissimi. Spero comunque che vi piacciano e che tutta questa bella musica possa diffondersi il più possibile. Non lascio volontariamente nessuna tracklist per non rovinare la sorpresa. Inoltre, se davvero vorrete l’ordine e il nome delle canzoni (e del sample vocale che annuncia sempre la fine del mix, mia piccola idiosincrasia) potrete chiedermeli nei commenti o sul mio Instagram (dai che ce l’avete tutti) e magari così potremo anche chiacchierare.

Buon ascolto!

mercoledì 6 dicembre 2023

Trovare la pace dove meno te l’aspetti - Il concerto di consacrazione dei Grand Blanc, stella brillante dell’ambient-pop

Grand Blanc live @La Gaîté Lyrique, Parigi, 30/11/2023
Introduzione, o il primo inserto di cronaca rosa di Stereo Totale

Le tende davanti alla finestra restano aperte per tutta la notte. Il sole si alza tardi, ma ultimamente mi sveglio stanco, molto prima che sorga, molto prima della sveglia. Non ho ben compreso questo fenomeno recente, ma ho una teoria: la vita va troppo in fretta e il mio corpo per compensare ha deciso, per conto suo, di regalarmi dei momenti di quiete mattutina. In francese si direbbe proprio un “cadeau empoisonné”, un regalo avvelenato. Nella mia stanza, dove la luce è quella di un crepuscolo al contrario, mi alzo prima del previsto con rassegnazione.

I grattacieli della Défense, nel passaggio della linea 13 sopra alla Senna, sono coperti di bruma. La gente si stringe il cappotto attorno al collo all’uscita della metropolitana, per proteggersi dalla ventata gelida dello sbocco d’aria. Nell’aria piovigginosa, in mezzo al viavai di automobili, nessuno dei volti che incrocio accenna un sorriso. La pioggia ticchetta sul soffitto a vetri dell’ufficio, alzo la testa dalla scrivania. Il cielo, dietro alle luci fredde dell’open air, è grigio e scuro. Butto giù un sorso del caffè amaro nella tazza, che ormai è freddo. Il telefono vibra e un messaggio su Whatsapp alleggerisce la situazione: “so pumped for tonight!!”. Finalmente qualcosa di un po’ rinfrancante: in questo periodo dell’anno dove le soddisfazioni sono brevi e passeggere e le delusioni sono un po’ più dolorose del normale, è una benedizione avere un’amica come Lauren l’Americana che mi spalleggia. Stasera però sono io a spalleggiarla. “meetup 7PM”, le rispondo.

Da un mese a questa parte Lauren mi chiede spessissimo se voglio andare a vedere i Grand Blanc. Non ho idea di chi siano e mi sento molto occupato di questi tempi, perciò faccio l’uomo di mondo e le do risposte equivoche tipo “vediamo dai”, “eh ci penso”, “boh dai ti dico”. Poi una settimanina prima del concerto mi chiede di accompagnarla con un tono di voce molto diverso da quello di chi ti propone di venire a sentire un gruppo che gli piace. Il suo “Please come with me to the concert” suona veramente come una richiesta di sostegno amicale, ed è troppo difficile da rifiutare. Per un concerto, si può fare. Ma perché la mia presenza è richiesta stasera? Non lo posso spiegare se non con una piccola licenza stilistica inaspettata, ovvero: il mio primo inserto di cronaca rosa. Prima di parlare di musica e di tutto quello che ci ruota attorno mi concederò perciò un paio di pettegolezzi.

Se dovessi descrivere Lauren in tre parole direi subito: piena di sorprese. I miei lettori più assidui l’hanno già incontrata: la californiana innamorata della musica francese degli anni ’70 che però si pompa i Deerhoof. Ma Lauren ha sempre tante soprese in serbo, di cui alcune giusto sbalorditive (non le chiedete chi ha votato alle elezioni, mi raccomando), altre di cui invece col tempo ci si abitua, tipo quando tira fuori dal nulla frasi come: “Ho incrociato l’ex-ministro della cultura, abbiamo fissato un appuntamento per parlare di musica”. Tra questi aneddoti talmente sopra le righe che ormai li diamo per scontati c'è una recente storia di passione con una personalità musicale francese decisamente inserita nei piani alti del musicbiz che, tra le tante, ha connessioni con il gruppo che suona stasera. 

Avrei risparmiato questi dettagli ai lettori ma so che la mia amica, sotto sotto, ama che si faccia un po di sano gossip. Inoltre, questa piccola parentesi illustra bene che al concerto dei Grand Blanc ci sono capitato più per caso che per un interesse musicale profondo. Ovviamente Lauren stasera un po’ vuole e un po’ non vuole rivedere il ragazzo in questione. “It’s complicated”, e i veri amici si vedono proprio quando le cose si fanno complicate.

***

Amori nervosi nel Palazzo dell’Ambient

Qualche giorno prima dello show mi metto ad esplorare la musica dei Grand Blanc. Sono un ottimo amico, per carità, ma non al punto di venire a un concerto di musica che non mi piace (quello mi è capitato di farlo quando ero un buon fidanzato: errore fatale). Mi convinco fin da subito che vale la pena di venire perché questi giovani di Metz (città più bella di Francia) non solo hanno pubblicato tre LP veramente validi, ma secondo me sono in odore di consacrazione. Il primo indizio che mi fa dire ciò è il biglietto, un po’ costosetto, per vederli suonare nell’immensa Gaîté Lyrique (dove ho visto gli Stereolab, per dire). Il secondo indizio è la loro traiettoria discografica recente. Ma andiamo per gradi.

Il primo full-lenght dei Grand Blanc, Mémoire Vive (2016) colpisce subito per il suo approccio synth-rock (mi concedo il neologismo) moderno senza essere avanguardista e nostalgico senza essere desueto. Le drum-machine pestone, i chitarroni e i sintetizzatori di ispirazione post-punk offrono una memorabile collezione di canzoni energetiche, cupe ma anche orecchiabili. Il termine “coldwave”, che non mi è mai stato troppo simpatico, si può applicare abbastanza serenamente al debutto dei Grand Blanc, visto il suo approccio grintoso e quasi aggressivo. Non si pensi però che è musica lugubre e squallida all’inverosimile, come quella di gruppi a cui è affibbiata la stessa etichetta (penso ai crudissimi Oi Boys, anche loro di Metz): al contrario, i raggi di luce sono frequenti e portano perlopiù un nome, quello della vocalist Camille Delvecchio, la cui voce purissima funziona benissimo in contrapposizione con quella ben più rude dell’altro cantante, Benoît David. Al secondo album dei Grand Blanc, il riuscitissimo Image au Mur (2018), la definizione “coldwave” sta già strettissima vista la sua sensibilità pop molto più pronunciata. Pur mantenendo le ritmiche fredde e la spinta rock anni ’80 del suo predecessore, l’album concede più di un momento radio-friendly e i tappetti sonori si fanno sempre più volentieri meno ombrosi, regalando tante incursioni in un nuovo reame di dream-pop molto originale nel conservare la sua essenza lorena, ovverosia contemplativa, un po’ austera e un po’ malinconica.

(Per inciso, la Lorena è la mia regione francese preferita in assoluto, ma ne parleremo semmai un’altra volta.)

Ed è qui che arriviamo al terzo album, Halo, uscito ad aprile 2023. L'ultima fatica dei “messins” mantiene la predisposizione dei loro lavori precedenti per orizzonti fonici atmosferici, ma fa la scommessa di esasperarla al massimo. Le drum machine sono quasi inesistenti, sostituite da arpeggi svolazzanti, e il suono della band che ha sempre brillato nell’alternanza di voci (quella femminile eterea ed ipnotica, quella maschile sanguigna e poetica), si sublima in un ambient-pop intimista, al contempo ricercato e “grand public”. Senza dubbio stasera, in un decoro di eccellenza, è questo nuovo abito dei Grand Blanc che sarà celebrato.

Curioso di vedere in cosa si sostanzia questo possibile nuovo fenomeno della musica francese, arrivo molto presto alla Gaîté Lyrique, vero e proprio palazzo nobiliare dalle colonne in porfido rosso, che affaccia su una piazzetta alberata della Parigi bene. Al suo interno, il sontuoso edificio si sviluppa più come uno spazio artistico multidisciplinare che come una sala concerti tradizionale. In compenso, c’è un bar prima dell’ingresso alla zona musica (che sciccheria!), perciò mi metto ad aspettare Lauren con una birra e ne approfitto per leggere la programmazione concertistica della Gaîté, a cui vengo molto di rado. Effettivamente, la proposta musicale è molto specifica e lontana dalle assi principali del mio gusto: tanta elettronica sperimentale (tra qualche giorno vengono Alessandro Cortini, Panda Bear e Sonic Boom), musica contemporanea (noto il passaggio di un’orchestra che suona Steve Reich), un po’ di noise-rock spigoloso e/o modulare (The Psychotic Monks a gennaio vengono a consacrarsi anche loro) e, quando si tratta di abbassare un po’ l’intellettualismo, grandi act elettronici popolari ma sempre un po’ “branchés” (Nicolas Jaar, Jacques, Flavien Berger etc). Una volta esplorata la programmazione del centro culturale, osservo le sue frequentazioni: stasera tanta gente giovane, dallo stile un po’ alternativo. E poi, beh, quel popolare musicista di cui vi parlavo prima, con cui incrocio per sbaglio lo sguardo, con imbarazzo.

Lauren arriva due minuti dopo. È tesissima, un fascio di nervi, e le tremano le mani. Talmente nervosa che anch’io, per proprietà transitiva, mi sento addosso un po’ di quel magone da innamorati. Ci ritroviamo al piano di sopra, al di là del controllo biglietti, a vagare tra l’anticamera, una grande sala bianca e moderna, e il secondo bar, uno stanzone sfarzoso con grandi vetrate e affreschi ottocenteschi. Più che vagare, stiamo evitando ogni tipo di contatto col capellone in questione. Persino i baristi, con cui proviamo ad essere il più scherzosi possibile (uno ha la maglia del Milan, un altro è uguale spiccicato ad Aphex Twin), sembrano accorgersi dello stress che emaniamo. Addirittura mi viene uno dei miei classici tic nervosi: comincio a cantare a ripetizione il ritornello della canzone che ho in testa, che visto il setting un po’ french touch è Daft Punk Is Playing At My House degli LCD Soundsystem.

Per distrarci, decidiamo di andare a vedere l’opening act. La sala dove c’è la musica è un grosso scatolone nero al quale si accede da pesantissime porte simil-depressurizzate. Al suo interno questa Zona architettonica di tarkovskiana memoria, dove la ricezione telefonica scompare nel nulla, appare smisuratamente grande, con soffitti altissimi. Un setting che, più che le sale concerto che frequento di solito, ricorda più il salone delle sonorizzazioni elettroacustiche dell’IRCAM, dove un paio di anni fa io e mio babbo andammo a vedere una composizione di Xenakis che ci lasciò più sdubbiati che altro. Passano pochi minuti, che spendiamo perlopiù a guardarci attorno paranoici, poi si spengono le luci. Il sipario si apre (!) e appaiono Adrien Pallot & Pierre Piezanowski, due musicisti che, con sintetizzatori e chitarra, propongono canzoni relativamente brevi di un’ambient nuda, cruda e senza grandi fronzoli. Non è spiacevole, ma non è né troppo originale né troppo coeso: in certi brani tutto si appoggia sul drone psichedelico (ve li ricordate i Mohave Triangles?), in altri ho l’impressione di ascoltare un vecchio progetto di William Basinski, o ancora degli Stars of the Lid… Sarà, o non ne capisco una mazza io, o davvero il concerto non è niente di eccezionale, o sono ancora un po’ sotto l’influenza stressata di Lauren. Probabilmente tutte e tre, fatto sta che dopo quindici o venti minuti perdo un po’ di interesse e propongo di andare a fumare. Facendoci strada tra la gente ovviamente mi trovo davanti la presenza di quel cavolo di chitarrista che ormai fa sussultare anche me.

Camminiamo per altri tre metri e poi prendo Lauren per le spalle e la guardo fissa negli occhi, tra le luci del palco e note lunghissime che impregnano l’aria. Sembra quella scena di Skins dove Tony e Sid si incontrano al concerto dei Crystal Castles.

“Have you seen him?”
“No, what?!”
“Sista, we fucking walked past him. He’s there. You go talk to him now.”
“Well…”
“I’ll wait for you at the exit.
Now go”.

***

Meravigliarsi per dimenticare tutto, la lezione di vita dei Grand Blanc

La nostra pausa sigaretta ha un’atmosfera strana. Il nervosismo ha lasciato spazio a più spaesamento che altro. Lauren ha spiccicato tre parole in croce con il ragazzo misterioso. Sono un po’ arrabbiato con me stesso per essere stato così duro e “forceur”, un po’ deluso da Lauren che se n’è uscita soltanto con un misero “Coucou, ça va?” e poi se n’è andata, un po’ preoccupato perché non so come si sente la mia amica, se triste, dispiaciuta o stizzita. Chiacchieriamo con gente a caso davanti alla Gaîté Lyrique per ammazzare il tempo e quel miscuglio di sentimenti che ci centrifugano dentro (a me a velocità standard, a lei biturbo). Come se non bastasse fa un freddo becco.

Non resisto più in quest’aria gelida e un po’ mogia, perciò torno dentro. Lascio Lauren fuori con gente che abbiamo appena conosciuto, le dico che ci vediamo dentro alla sala. Appena entro nel cubo della musica, però, mi rendo conto di quanto sia ambizioso il mio programma: c’è una quantità immane di gente. Ecco, adesso sono anche incazzato perché vedrò il concerto da lontano. Provo ad avvicinarmi quanto posso, arrivo a un punto quasi soddisfacente ma non del tutto. Poi un ronzio di synth. Si spengono le luci e il sipario si apre, ma non si vede praticamente nulla di quel che c’è sul palco. Il buio è fitto, non c’è campo e sbuffo di nuovo: mi tocca pure vederli da solo, i Grand Blanc. Poi si accendono le luci e tutti, ma proprio tutti i presenti, cacciamo un “oooh” di meraviglia tra i più rumorosi che abbia mai sentito in vita mia.

Sul palco c’è una cresta rocciosa altissima e splendida. In cima, a qualcosa come tre metri da terra, un’arpa sinuosa. Seduta su uno sgabello, Camille Delvecchio comincia a pizzicare melodie complesse e sbalorditive. Una presenza luminosa e paranormale, a metà tra l’inquietante fantasma e le visioni divine che atterriscono i viandanti. La sua voce, piano piano, passa da vocalizzi mistici a frasi sempre più udibili, come un corpo che ritorna alla vita dopo un secolo di sonno. Le sagome dei tre ragazzi sotto di lei sul palco si fanno sempre più nitide, la chitarra e le tastiere si sentono sempre di più. Il primo crescendo è estatico, e mi lascia a bocca aperta. Non ricordo di aver mai visto coesistere delicatezza ed intensità in maniera così naturale, è un miracolo di purezza. La canzone dovrebbe essere Pillule Bleue, ma se faccio errori di setlist non me ne vogliate: se di solito mi tengo vivo nella mente qualche elemento lirico o strumentale dei brani per poi poterli citare di nuovo nei miei live report, adesso non mi passa nemmeno nell’anticamera del cervello. Mi faccio soggiogare dallo sbigottimento, e scompare tutto: la solitudine, le delusioni, la stanchezza, le insicurezze. Un po’ scompaio anch’io.

Quel che segue è uno dei più bei concerti dell’anno. Delvecchio raggiunge i suoi compagni scendendo aggraziata dalle pareti rocciose, scenografia che, passato lo stupore iniziale, non appare più ultraterrena, ma molto elegante. L’affiatamente del gruppo, ora che sono tutti sullo stesso piano e che l’arpa ha lasciato spazio a una più sobria chitarra, è palese e toccante. Mi emoziono con Loon, ballata suadente come un canto di sirene, che parla di viaggi lontani avvolgendo la platea sotto a un manto di arpeggi, e melodie che si incrociano con una spontaneità tale da nasconderne anche l’intricatezza tecnica. Un’altra canzone di sette minuti che è passata veloce come un sospiro: il pubblico è quasi preoccupato di applaudire o urlare talmente l’aria rimane sospesa. Per fortuna Benoît David prende in mano la situazione e alleggerisce l’atmosfera raccontandoci un po’ della “lore” di Halo con una buffa voce sognante: i Grand Blanc che trovano l’ispirazione per il disco sul delta del Danubio in Romania, poi la trasformazione di una casa nel bosco (“les Parages”, i Paraggi) nel loro studio artistico e nella loro etichetta, le tante sessioni di registrazione all’aria aperta… Insomma, tutta una serie di storie suggestive che aggiungono ancora materia a quello che ormai sono convinto sarà il prossimo mito del pop alternativo francese.

E che ventata di aria fresca, se così fosse! Il sound di Halo ha una profondità inedita e tutta da scoprire: seppure le chitarre pizzicate e i sintetizzatori ambient sono le solide fondamenta di praticamente tutte le canzoni, le sorprese sono tante: penso alla coda quasi noise (a cui la voce di David si abbina benissimo) della struggente Orange, o ancora alle gentili distorsioni di Nuit des Temps e all’assolo di sassofono suonato dallo “special guest” Adrien Soleiman, sagoma sciamanica che spunta nell’ombra in cima ai pinnacoli dei Parages. E anche liricamente i loreni possono regalare tante emozioni insospettabili: nell’intro strabiliante di Ailleurs, con i suoi synth lancinanti (questi sì, un po’ “french touch”), la citazione a Françoise Hardy colpisce nell’anima all’insaputa: “Tous les garçons et les filles de mon âge”… È proprio mentre mi sto facendo accecare dal suo commovente ritornello che per magia Lauren mi ritrova. L’abbraccio che ci diamo, più che per la felicità di ritrovarci, è per quella di essere davanti a un fenomeno così splendido, un’aurora boreale sul palco che ci lascia senza parole. Ci diciamo: “Hey, this gig is…” “Yeah, it’s…” e non troviamo nemmeno l’aggettivo giusto. Appena i quattro di Metz escono dal palco rifiatiamo un po’ e possiamo cominciare a trovarne qualcuno: jawdropping, astounding, flabbergasting. E non abbiamo nemmeno ancora visto l’encore!

Un encore perfetto è un encore che ti vizia, e anche in questo i Grand Blanc dimostrano una maestria da veri grandi. Io vorrei sentire Belleville, composizione new-wave vivace con un poetico testo sull’asprezza della vita urbana (tutto rimanda al quartiere parigino, ma amo pensare che sia una strizzata d’occhio anche a quell’industriosa Belleville che sta sulle rive della Mosella). Mi convinco che, visto il sound e la tematica, non c’è spazio per un pezzo del genere in questo set, e rimango sorpresissimo di sentirla partire in un riarrangiamento soave e senza batteria. Questo mitico singolo di Image au Mur, nella sua versione soft, finisce inaspettatamente con un’esplosione di sintetizzatori conditi di feedback degna di shoegazers esperti, che ci spettina a dovere. Lauren, lei, voleva sentire Oiseaux, ma dopo una scossa elettrica del genere sembra improbabile di tornare alla delicatezza delle corde acustiche. Invece Delvecchio approfitta del frastuono appena consumatosi per riprendere posto all’arpa, come all’inizio, e chiudendo il cerchio riaccompagnarci progressivamente verso un ultimo, placido, lido sonoro dove tre chitarre possono disegnare il meraviglioso intreccio degli stormi di rondini nel cielo, dandoci un ultima, serena, estasi.

Il concerto è finito e tutto il pubblico è in visibilio. In una situazione normale direi a Lauren, forse con toni un po’ petulanti: “Eh sì, me lo sentivo proprio che questo era il loro concerto di consacrazione!”, ma non me la sento di dire nemmeno una parola. Mantengo solo un grande sorriso e biascico qualche: “Great, great”. La sensazione che ci sentiamo addosso, soprattutto, è un totale distacco da tutte le manfrine di inizio serata. La lezione di vita dei Grand Blanc è stata chiara, immediata ed efficace: l’immensità e la bellezza hanno il potere sovrannaturale di rimettere a fuoco le nostre ansie e difficoltà quotidiane, trasformandole in qualcosa di piccolo, se non irrisorio. Il concerto di stasera (sembrano stereotipi ma è vero) ci insegna che a volte per stare meglio con noi stessi c’è solo bisogno di ritrovarsi a tu per tu con la foresta, il crinale, la terra, gli uccelli, o persino i fiori (come ci ha insegnato poco fa Benoît David prima di attaccare Fleur). In assenza di elementi naturali, può bastare la dolcezza delle corde di metallo dell’arpa, il suono che esce dal legno della cassa di risonanza della chitarra o persino un synth ben calibrato su frequenze trascendentali. A suonarle, però, devono essere dita talentuose, e stasera quelle dei Grand Blanc ci hanno fatto il regalo di prestarle al servizio della nostra meraviglia. La meraviglia, sì, e un nuovo sentimento di pace.

È con una leggiadria inaspettata e che mi mette di buon umore che la mia amica del cuore va a parlare con quel ragazzo che tanto le piace mentre beviamo l’ultimo bicchiere. Sotto la luce sofisticata della hall della Gaîté Lyrique, getto anch’io uno sguardo più duraturo verso al chitarrista del cuore di Lauren: si vede che, nonostante passi la vita ad accompagnare famose cantanti su grandi palcoscenici, è una persona gentile e dolce. Niente di cui stupirsi visto che è anche amico dei Grand Blanc, che sembrano veramente dei pezzi di pane (questa la mia impressione anche quando li ho visti “in borghese” fuori dalla venue mentre ero in fila per entrare, intenti a confezionare il tenero foglio di ringraziamenti che hanno srotolato sul palco).

Torniamo a casa, entrambi verso il dipartimento 92, e la metro è sorprendentemente affollata ma, in pace con noi stessi come siamo, non ce ne accorgiamo nemmeno. Parliamo di come ci sentiamo ultimamente, di cosa vogliamo fare nei giorni seguenti. Lei chiederà un nuovo appuntamento al tipo che era tanto stressata di rivedere, io continuerò la mia vita di tutti i giorni e vedrò come va. Sono contento, quantomeno, di avere un’amica così speciale con cui condividere sia i momenti di angoscia e di smarrimento sia quelli di bellezza e serenità, sempre con la stessa vicinanza e la stessa fiducia. 

***

Conclusione

Sono le sei del mattino, il giorno dopo, quando mi sveglio ancora una volta assetato. Bevo dell’acqua, provo a riaddormentarmi, ma mi ritrovo a rigirarmi nel letto per un’ora. Ancora una volta, mi alzo con rassegnazione. La giornata sembra il clone di quella di ieri: i grattacieli nebbiosi della Défense sopra alla Senna, il vento freddo all’uscita della metro, i volti seri e incappucciati dei passanti, la pioggia sul vetro, il caffè freddo.

Una sola cosa è cambiata: dentro di me sento che da qualche parte, là fuori, ci sono amore e infinita bellezza. Basta questo a tenere viva una luce. Metto su la musica. Accenno un sorriso.

giovedì 30 novembre 2023

Un rituale di inizio inverno - Al Festival BBMix con Arab Strap, La Féline e R. Aggs

Arab Strap live @Carré Belle-Feuille (Festival BBMix), Boulogne-Billancourt, 25/11/2023

Introduzione: un inizio di stagione

È fine novembre ed è venuto un gran freddo. Le foglie cadono dagli alberi, e mi godo il loro odore quando si accumulano per terra giallognole e ancora un po’ fresche. Vedere il vapore uscirmi dalla bocca mentre respiro l’aria del mattino mi mette una certa esaltazione: finalmente finisce una mezza stagione dubbiosa e arriva un vero inverno. Vado al mercato e noto con piacere il ritorno di una vecchia amica, l’“endive”, l’insalata belga, compagna fedele delle mie cene invernali. Tiro fuori dall’armadio il piumino canadese marrone chiaro, che mi dà un aspetto serio ma gentile. E poi ovviamente, come con la verdura, mi rigusto un po’ di musica di stagione. L’equivalente delle indivie, il gruppo invernale definitivo, per me sono i Mineral: quel midwest emo sensibile, un po’ tremolante un po’ pungente, descrive l’inizio dell’inverno come non lo fa nessun’altra musica. Metto su The Power of Failing e Five, Eight and Ten mi racconta come mi sento meglio di come potrei farlo io stesso: un po’ malinconico, un po’ preoccupato dal freddo e dal buio che arriva, ma soprattutto emozionato dalla novità e sorpreso da quest’emozione che si rinnova ogni anno come una prima volta. Per un po’, voglio godermi questa energia. Poi, magari, tutte le foglie saranno cadute e i rami degli alberi disegneranno nel cielo scheletri scuri come nella copertina di Burning From the Inside dei Bauhaus. Ma ancora non mi sento “dark”, no. Mi sento elettrico come la scarica di feedback che ti ridesta prima dell’ultimo ritornello di Slower.

Mentre mi godo queste sensazioni di cambiamento del sabato mattina, mi metto a organizzare la giornata. Verso le 19 stasera devo essere a Boulogne. Ottimo: una scusa perfetta per farmi una passeggiata di due ore e passa e attraversare il famoso Bois nell’aria meditabonda dell’“heure bleue”. Poi arriverò alla sala e ci sarà un grande concerto. Ricontrollo la pagina dell’evento per avere l’indirizzo preciso e l’occhio mi scivola su una parola in particolare: festival. Festival, festival, festival… Un festival? In questo momento dell’anno? Cosa?

Era ancora una fine settembre dal sapore estivo quando è stata annunciata la line-up del Festival BBMix. Appena ho guardato il cartellone due nomi, in un’associazione imprevedibile, mi hanno subito fatto saltare sulla sedia: Arab Strap e La Féline, una combo di artisti diversissimi tra loro che, per motivi diversi, volevo assolutamente rivedere. Ancora si usciva fuori di casa con le maniche corte, ai concerti si sudava tantissimo e la parola “festival” aveva quella naturalezza tipica delle giornate d'estate. Ne avevo anche fatti un bel po’ di festival quell’estate, più di quanti ne avessi mai fatti, e in tutto ciò avevo definito la mia politica a riguardo, ovvero: siccome sono sempre esperienze un po’ impegnative, non me la sento di fare più di una giornata e vengo solo il giorno in cui ci sono gli artisti che preferisco. Poi se scopro che lo spirito, la linea editoriale e l’organizzazione generale mi piacciono, tornerò l’anno dopo un po’ più studiato. Perciò a settembre prendo i miei biglietti per il sabato del BBMix con serenità e senza pormi la domanda che invece oggi mi preme: a cosa diavolo assomiglia un festival di periferia a inizio inverno?

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Lacrime di gioia con R. Aggs e la sua danza allegra contro un mondo malato

Arrivo al Carré Belle-Feuille con le gambe un po’ provate. La passeggiata di dieci chilometri e pochissime pause che ho appena fatto mi ha riportato coi piedi per terra, e specialmente la pettata di 45 minuti nel gigantesco Bois de Boulogne, molto meno bucolica del previsto, ha trasformato la mia energia minerale in uno stato meditativo un po’ triste (in sostanza ho attraversato un solo sentiero, costellato di prostitute e parallelo a uno stradone dove le macchine sfrecciano a tutta velocità). Succede.

Entro nel locale, che in realtà è un teatro dal retrogusto comunale. Assomiglia a quello che si dice di Boulogne nella regione: borghese, sì, e anche tanto, ma con un suo lato “street”. Nella grande sala dove di solito si va a prendere aria in mezzo a due atti, i 2 Limited DJ (un gioco di parole rivolto ai 2 Many?) stanno mettendo un disco dei Tropical Fuck Storm davanti al bar. Mi offro subito una birra ma mi accorgo che non posso portarla dentro la sala e mi trovo costretto a ingollarla in fretta e furia, in questo ambiente un po’ inedito, dove sono più giovane della media e forse anche un pochino intimidito.

Lo spazio dedicato ai concerti è bellissimo, un grande auditorium rosso e comodo. L’opening act monta sul palco poco dopo che mi sono seduto, le luci calano e non ci vuole un master in psicologia per accorgersi che l’intimidazione del luogo è arrivata anche lassù. Con la sua zazzerona di capelli, shorts da calcetto, calzini e camicia colorata, quest’artista che non conosco mette subito simpatia. Il tavolo pieno di cavi, aggeggi e altri oggetti esotici riflette quel caos ordinato tipico degli artisti e degli adolescenti, e quando noto la chitarra e il violino a fianco di tutto quell’hardware non ho idea di cosa aspettarmi.

L’artista in questione è Ray Aggs, personalità chitarristica molto attiva nella scena di Glasgow in tanti gruppi situati tra l’indie rock e il post-punk (Shopping, Trash Kit o Sacred Paws, toccherà recuperare), che stasera monta sul palco del teatro sotto al moniker solista R. Aggs. Chi mi legge sa quanto rispetto io abbia degli opening acts: quello di scaldare il pubblico, metterlo nel giusto stato d’animo, aprire le danze, creare interesse e aspettativa, è uno dei lavori più difficili al mondo. Fare bene una o più di queste cose è fondamentale: ho visto serate finire in sfacelo perché gli opening act non erano all’altezza. Ovviamente i modi per portare a termine questa missione di vitale importanza sono infiniti. R. Aggs, in una serata di musica essenzialmente triste, decide di farlo erogando buonumore sugli spalti come se stesse sparando da una pistola d’acqua. La sua musica, essenzialmente indie pop ma dalle solide fondamenta club music, si arricchisce di un chitarrismo dalle melodie rapide, dolci e concise che è semplicemente pieno di vita. La voce naïve ma dalle incursioni intense di Aggs, insieme a certi passaggi di violino, ogni tanto possono dare un’idea di malinconia. Ma non ci si può veramente intristire davanti al suo modo di ballare autentico e soprattutto al suo sorriso schietto, che trasmettono un bisogno sincero di elargire positività, mentre le drum machine e i synth spingono, spensierati.

Chiudo gli occhi e mi immagino sulla pista da ballo. Le canzoni si susseguono, e tutte scaldano il cuore. Alcune le ricordo ancora, ma non le ritrovo sui suoi due simpatici album su Bandcamp, il che lascia presagire l’arrivo di nuova musica (in compenso su Youtube trovate un intero concerto al bar alternativo Chair de Poule nell’undicesimo arrondissement, per rendervi conto del fantastico live act, e una chiacchierata di un’ora e passa con Big Jeff, il più leggendario spettatore di concerti della storia). Dei pezzi che ho sentito dal vivo, sono contentissimo di ritrovare la minimalista New Beat, che mi aveva colpito perché suona come quelle scrollate di spalle finto indifferenti che si fanno ripensando a una vecchia delusione amorosa.

Appena finisce un’altra canzone sorridente, R. Aggs mi prende alla sprovvista facendo il più bel discorso che abbia sentito quest’anno da un’artista sul palco: un momento di lucidità per pensare alla crudeltà del mondo, alla difficoltà di essere artisti e sentirsi a volte inutili, ma persistere nello scopo di diffondere messaggi che ci facciano sentire umani. Non si può veramente spiegare perché, ma mi ritrovo con le lacrime agli occhi come non succedeva da tempo. Non un luccichio, quello succede spesso, proprio le guance rigate. Meno male che siamo al buio (“I’d like to say that it’s nice to see you, but I can’t really see you”).

Per fortuna posso rimettermi a sesto ridendo un po’. Il finale è un omaggio alla musica house del Regno Unito, sopra le righe e teneramente comico: R. Aggs sbaglia a premere un bottone facendo glitchare tutto e a quel punto “fuck it”, prende la sua stessa musica e ci si diverte, la distorce, accelera i BPM all’inverosimile e ci fa il regalo di proporre qualcosa che nessuno risentirà più suonato così. Il concerto finisce e mi sento riempito di gratitudine. La nuova stagione, forse, mi rende ipersensibile. Ma indipendentemente da questo, mi commuove vedere ancora artisti impegnati in una causa fin troppo sottovalutata, quella di farci capire quanto l’autentica gioia possa essere un’arma potente per migliorare il mondo.

***

Lacrime di nostalgia con La Féline e il suo sguardo sulla terra natale

Mi asciugo un attimo e ne approfitto per andare a fare un giretto di ricognizione. Il Carré Belle-Feuille si è riempito, anche di facce familiari. I DJ, che pensavo sarebbero serviti a chiudere la serata, sono lì soprattutto per accompagnare gli intermezzi, e spinnano roba simpatica compresi i Superchunk. Mi accorgo, però, che gli orari del BBMix sono belli serrati: non si ha nemmeno il tempo di fondersi un minimo con l’ecosistema che già bisogna tornare in teatro per un altro concerto. Ma è coerente che il rituale festival del solstizio d’inverno richieda una certa austera disciplina.

A questo giro mi siedo vicinissimo al palco: sono davvero curioso di rivedere La Féline, alias musicale della scrittrice Agnès Gayraud. Quando venne alla Ferme Electrique del 2022, se non ricordo male, veniva per rimpiazzare un gruppo un po’ all’ultimo minuto, ma ero riuscito comunque ad esplorare parte della discografia. Il pop curatissimo e sinuoso di album come il solenne Triomphe (2017) e l’esotico Vie Future (2019), in particolare, mi avevano decisamente ammaliato. Il concerto de La Féline dentro al fienile della Ferme, in compenso, era stato profondo quanto irrisolto: la voce e presenza carismatica della cantante e le sue linee di basso penetranti avevano sedotto praticamente tutti, ma la formazione estremamente scarna (solo un batterista con lei), in una setlist che proponeva canzoni decisamente barocche, aveva portato a un senso di incompletezza o di potenziale non del tutto sfruttato. Poi, verso la fine dell’anno 2022, è uscito Tarbes.

Al contrario dei suoi predecessori, quest’album ha un concept estremamente semplice: è un disco sulla città natale dell’artista, Tarbes per l’appunto, quarantamila anime nell’estremo Sud-Ovest. È un disco con meno florilegi e meno allegorie, più diretto e facile all’ascolto, i cui temi principali sono il ricordo, il passato perduto, le origini, che ovviamente a un trapiantato come me risvegliano sentimenti reconditi. Ed è per questo che sono euforico appena vedo La Féline (vestita di rosso sgargiante come l’ultima volta) che monta sul palco con altre tre persone e attacca con l’opener, Tarbes: a questo giro, con canzoni meno elaborate e più musicisti, penso che sarà un concertone. Sul mio volto c’è sorriso entusiasta quando Agnès Gayraud comincia a cantare: “Ça fait un moment que je ne suis pas retournée à Tarbes […] C’est un peu loin d’où je vis désormais. Les mois passent. La ville où je suis née, oh Tarbes”. Poi, porca puttana, risuccede: “Je pense aux Pyrénées […] Aux années de lycée, quand déjà je savais que je partirai un jour de Tarbes”. Lacrimoni di nuovo.

Gli acuti della cantante occitana sono il grido dell’emozione della mia quinta superiore a Firenze, la consapevolezza di allontanarsi da qualcosa di amato per una sorta di destino che sembra al contempo inevitabile eppure non del tutto sensato. Sono sensazioni quasi inspiegabili, che solo una voce speciale come quella de La Féline possono risvegliare. E così, mentre mi riasciugo questo pianto precoce, parte Une Ville Moyenne, una canzone d’amore verso la città dove si è cresciuti, dalle immagini semplici, da poesia crepuscolare: i gatti, i senza tetto, i muratori, “la folla graziosa delle strade pedonali”. Il pop dalle velleità funk è confortante, di una nostalgia senza tristezza. Mi riò, e finalmente mi posso godere la musica senza essere troppo sopraffatto dalle emozioni.

Il quartetto di stasera è composto dallo stesso batterista della Ferme, dallo stile discreto ed elegante, i sintetizzatori suonati da un’altra bravissima cantante e una chitarra blueseggiante che sa aggiungere quella vena di inquietudine tipica di quando il sound de La Féline si fa un po’ oscuro. È il caso, per esempio, di Place de Verdun, ricordo di una tumultuosa passione giovanile da vecchio film erotico francese, oppure Va pas sur les quais de l’Adour, una tenebrosa descrizione delle passeggiate che tutti noi abbiamo fatto almeno una volta in luoghi poco consoni allo “struscio”, senza sapere bene perché né per come. Ma Tarbes, che è il fulcro del set di stasera, è molto altro: sono le storie medievali delle nostre città, come quella di Jeanne d’Albret, canzone dall’epica tragica sulla regina protestante che bruciò la cattedrale (secondo la versione di Gayraud, lo fece lei stessa personalmente); è la malinconia di vedere le cose cambiare quando si torna a casa, come nella dolceamara Tout Doit Disparaître; sono le tradizioni che abbiamo nel nostro DNA anche se non le pratichiamo veramente, come quella della lingua occitana: la versione a cappella a due voci di Fum è da pelle d’oca.

Il concerto de La Féline, insomma, è toccante e mi entusiasma. Il finale è splendido: l’elegia de La Panthère des Pyrénées, omaggio alle nostre geomorfologie interiori e alle topografie della terra natale: pendii, creste rocciose, massi, animali mitici. Il crescendo è mistico e sensuale (come diceva il Maestro del pop sofisticato) e amo pensare che trasporti i presenti sulle proprie montagne del cuore: io personalmente mi immagino a fluttuare sopra al Passo dell’Abetone nell’Appennino Tosco-Emiliano. Allo stesso modo, la scanzonata Dancing parla della pista da ballo un po’ dubbiosa che ognuno di noi ha avuto in gioventù (ci si vergogna di parlarne, di questa, contrariamente alle montagne).

Sotto le note della strumentale vellutata de La Route de Pau, Agnès Gayraud e soci si prendono una pioggia di meritati applausi. “Bràva!”, le urlo, e a questo giro non è tanto perché voglio distinguermi dalla folla (in francese si usa “bravó” per dire “brava”, “bravi”, “brave”), ma perché mi sento davvero un po’ ritrasportato in quel labile concetto che è “la mia terra”. Ormai, dopo tanti anni qua in Francia, non saprei bene cosa vuol dire. Di sicuro, però, non è un luogo dove si dice “bravó” per applaudire i grandi artisti. Mi concedo almeno questo piccolo moto di fierezza, tipica di noi toscani, ma, si dice a giro, un po' anche degli occitani.

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Niente lacrime con gli Arab Strap e la loro autentica tristezza

Il prossimo concerto è tra quindici minuti e la coda al bar (per comprare birre “da shot”) sembra infinita. Onestamente, meglio così, la birra nemmeno mi va. È una serata più sentimentale che festaiola, e mi va di restare ancorato a questa comoda sedia reclinabile, a guardare Aidan Moffat con la sua barbona bianca che sistema il palco con faccia seriosa.

Non mi sembra cambiato per niente da quando ho visto gli Arab Strap in concerto l’ultima volta. Certo, era tanto tempo fa, e un’esperienza sensoriale del tutto diversa. Eravamo al Primavera Sound, avevo appena visto i Descendents (momento più bello della mia vita?) e Paolo quasi trascinò quel mucchio di stracci e sudore che rimaneva di me a vedere questo gruppo scozzese che non conoscevo, a parole sue “iconico degli anni ‘90”, di cui non sapeva veramente spiegarmi il genere. Ancora una volta, e sono due articoli di fila che lo dico, grazie Paolo. Quello che vedemmo quel giorno fu un concerto penetrante in tutti i sensi: ricordo ancora le drum machine a volumi altissimi che suonavano come bastonate, e la voce di Moffat che, pur non capendo niente di quel che diceva, mi raccontava storie sulla dura banalità, e la banale durezza, della vita. Dopo un concerto di musica adolescenziale, speranzosa (avevo perso la voce cantando Hope), ecco che mi piombò addosso l’immagine che avevo dell’età adulta. Dischi effettivamente iconici come The Week Never Starts Round Here e Philophobia in realtà sono stati pubblicati quando i due Arab Strap avevano 23, 25 anni, e raccontano della vita sociale studentesca, di relazioni un po’ casuali, di amici di amici, di feste e di eccessi: tutte tematiche giovanili, ma private di ogni tipo di spensieratezza. Persino The First Big Weekend, che a prima vista sembra una divertente epopea di cazzonaggine da liceale, in realtà è una canzone sul sentirsi fuori posto, incapace di divertirsi, tormentato da un sentimento di inadeguatezza sociale, in cerca di oblio… 

Nonostante la profondità dell’essenza della loro musica, gli Arab Strap possono avere anche un lato festoso e quella sera a Barcellona furono capaci di dosarlo come si deve, dimostrando di saper essere dei veri mattatori. Accompagnati da tanti musicisti, di cui anche un violino, i due scozzesi fecero uno show storico, emozionante e ricco di intrattenimento. Primavera Sound: Live in Barcelona (2017) degli Arab Strap è l’unico live album tratto di un concerto a cui ho assistito, o almeno l’unico che consideri davvero rilevante. È registrato benissimo ed è pure gratis su Bandcamp. Difficile trovare scuse per non scaricarlo.

Stasera tante cose sono diverse da quel giugno di sei anni fa. Non è solo che siamo in un teatro, o che è inverno. Stasera gli Arab Strap ci portano uno show che si chiama Philophobia Undressed. Il loro album di culto del 1998, Philophobia, verrà suonato per intero e, anzi, “denudato”, anche se non so cosa vuol dire. Due cose vanno specificate: uno, Philophobia è uno dei dischi più tristi che conosca. Due, ormai ho pianto a tutti i concerti di stasera, e anche per motivi abbastanza inspiegabili e imbarazzanti: ho un vero timore di cosa sta per succedere.

Ma poi, finisce che non verso nemmeno una lacrima. Non è che la performance non sia profonda o sentita, no. È che si può piangere di gioia, di rabbia, di commozione, di disperazione e di mille altre cose, ma è davvero difficile piangere di pura e semplice tristezza.

Gli Arab Strap montano sul palco in due, come nella loro formazione originale. Non ci sono fronzoli né arrangiamenti particolari: Aidan Moffat canta, manda delle basi semplicissime (basso, drum machine e un paio di strumenti al massimo) e suona un piatto e un timpano; Malcolm Middleton non molla mai la sua chitarra e disegna musica. Non è minimalismo, è essenzialità. La loro musica, non per caso, è indefinibile: indie sì, ma troppo poco energetico per essere rock e troppo poco orecchiabile per essere pop; elettronica sì, ma né veramente club, né veramente sperimentale. È musica che non vuole appartenere a un genere, ma il cui solo obiettivo è quello di comunicare.

Parte Packs of Three e piombiamo subito in un oceano di nichilismo. Moffat parla di dispiaceri sessuali con una tonalità che ti stringe le budella e il suo accento scozzese, che sei anni fa nell'euforia generale mi era sembrato un elemento di “novelty”, oggi mi appare come uno strumento, per l'appunto, di messa a nudo. Tante band scozzesi ci hanno insegnato che di cantare in “BBC English” ne sono facilmente capaci. Cantare nella stessa maniera con cui si parla nella vita vera è la scommessa di chi accetta di portare gli ascoltatori nella propria quotidianità. E nello squallore degli aneddoti di chi è cresciuto troppo in fretta nella Glasgow a cavallo tra anni ‘80 e ‘90, fa male catapultarcisi. Il bello di Philophobia, però, è che la sua musica è deprimente ma mai repulsiva, e nel dolore si aprono tantissimi spiragli di lancinante bellezza: il riff che arriva alla fine di Here We Go è cupo ma dolce come una carezza, la coda distorta che nobilita il mogio spoken-word di New Birds è esaltante, il lungo tappeto sonoro di Islands è un barlume di speranza (“There’s land ahoy”). In molti, me compreso, hanno detto che in fondo Philophobia è un disco slowcore, ma anche questa definizione gli sta stretta: ci sono canzoni che sono persino vivaci, come Not Quite a Yes, un bilancio crudo sulle contraddizioni di quello strano costrutto sociale che è la seduzione.

Un’altra cosa davvero impressionante di Philophobia è come sia un album tristissimo e lungo più di un’ora ma che in realtà è ben digeribile e scorre in fretta. Ogni canzone è un piccolo pugno nello stomaco, ma sempre nuovo e che ti lascia sempre la curiosità di vedere come sarà il successivo. “It’s not the most cheerful record”, dice Aidan Moffat in glaswegian, facendo ridere nervosamente tutto l’uditorio. I Would Have Liked Me a Lot Last Night colpisce particolarmente in profondità: sarà che ho appena letto Trainspotting, sarà che mi ritrovo a pensare che è stata scritta 25 anni fa da due ragazzi di 25 anni, e che ho 25 anni in questo momento… Resta una canzone di un’attualità disarmante, che racconta tutto ciò che non vorrei diventare e che ho paura che i miei amici diventino, una dichiarazione di annichilimento spaventosissima. Philophobia finisce di divorarci i sentimenti con la closing track The First Time You’re Unfaithful, donandoci, dopo tanta inevitabile volgarità (sesso, droga, gelosia…) una prova di delicatezza e di coscienza di sé: “You said you know what I’m like”…

Sentire Philophobia è stato un privilegio irripetibile, e non me ne frega nemmeno granché di pretendere una First Big Weekend (per quello posso aspettare il PS 2024). L’encore ci vizia comunque con due canzoni del repertorio “quasi-ballabile” degli scozzesi: The Turning of Our Bones, coito inquieto e perverso, e la struggente The Shy Retirer, grande classico nonché una di quelle rare canzoni che sanno rendere la house music tragica.

Il concerto termina ed è stato molto apprezzato da tutto il pubblico. Sondo rapidamente i volti dei miei vicini di posto: sono tutti seri, non contriti ma sicuramente segnati. Chi è venuto da solo, come me, non sembra volersi attardare nell’atrio tra bevande, DJ e merchandise. Dopo il set degli Arab Strap, accogliere il freddo delle strade di Boulogne e crogiolarci nella consueta solitudine della metropolitana sembra un buon piano per sentirsi bene.

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Conclusione: la stagione continua

La giornata di oggi, e la musica di stasera, dipingono perfettamente la parabola delle sensazioni dell'arrivo di un lungo inverno. All'inizio un entusiasmo che sfida l'intimidazione del freddo con ottimismo. Poi, subito dopo, una languida malinconia che però dà ancora un sentimento di conforto inspiegabile e domestico. Infine, l’accettazione che la semplice e pura tristezza esiste, e che bisogna viverla senza artifici se non, al limite, un briciolo di fiera rassegnazione. In questo trambusto emozionale, il Festival BBMix ha avuto il ruolo di fautore della catarsi, come le tragedie in un teatro greco: la serata di oggi è stata un vero e proprio rituale di purificazione.

Durante il suo set, a un certo punto La Féline dice che anni fa era venuta al BBMix per vedere gli Young Marble Giants. È lì che mi sono incuriosito davvero alla filosofia del festival e ho esplorato le vecchie line-up. A parte che ci sono stati headliner da capogiro, tutti con un'essenza squisitamente invernale, ma poi hanno tutti come fil rouge il concetto stesso di catarsi: Swans, Spain, Boris, James Chance & The Contorsions, Wire, Faust… Andare a un festival per ritualizzare l'arrivo della stagione più dura dell'anno e accettarla con naturalità mi sembra un concetto bellissimo. Magari l'anno prossimo sarà tramite scariche di drone e shoegaze, ritmi sabbatici e ossessivi oppure ancora con la crudezza di uno slowcore scheletrico. Poco importa: l’idea mi convince e l'anno prossimo presenzierò. 

Ma l'anno prossimo è ancora lontano. È cominciato un lungo inverno, e probabilmente non sarà facilissimo. Ma la stagione continua.